Télétravail : entre avantages et désavantages

Noémie Marciano
Directrice Offre de Conseil Health & Benefits France

Jean-Baptiste Kullmann
Responsable Offre & Solution

Depuis plus de 2 ans maintenant, les entreprises s’adaptent au contexte pandémique et à ses conséquences tant sur le volet sanitaire que sur celui de l’organisation d’un nouvel environnement de travail. Elles doivent également répondre aux nouvelles attentes des salariés : quête de sens et lassitude, pouvoir d’achat, avantages sociaux et politique bien-être… et trouver des solutions pour attirer et retenir les talents dans un contexte de grande démission.

L’expansion du télétravail représente l’une des conséquences de la pandémie, forçant les entreprises à accélérer son déploiement et son adoption à marche forcée par toutes les parties prenantes : employeurs et salariés.

Un dispositif qui se généralise

Avant la pandémie, près de 82% des salariés venaient sur site tous les jours, les autres salariés étant en télétravail à temps complet (5%) ou de façon hybride (13%).

Les employeurs s’attendent à ce que cela évolue d’ici 2 ans avec respectivement 1 et 4 salariés sur 10 en télétravail complet et de façon hybride, soit près d’un salarié sur 2 qui bénéficierait de ce dispositif. Cela semble répondre aux attentes exprimées par les salariés : près de 6 salariés sur 10 souhaiteraient en bénéficier, mais avec un recours au télétravail complet plus important : 3 salariés sur 10.

Depuis 2020, le nombre d’entreprises ayant formalisé un accord a quasiment doublé : de 50% il y a 2 ans à près de 92% du panel. Dans la majorité des cas, ces accords prévoient entre 2 et 3 jours de télétravail fixes ou variables avec à égale répartition obligation d’être chez soi ou en France métropolitaine, seulement 1 entreprise sur 2 prévoyant une indemnisation et la majorité prenant en charge une partie de l’installation initiale (casque, clavier, écran, chaise & bureau, imprimante).

Un avantage à prévoir

Le recours à ce dispositif répond à plusieurs besoins identifiés, parmi lesquels :

  • L’attractivité et la rétention des talents : 82% des entreprises considèrent que cela l’améliore, avis confirmé par les salariés qui le classent parmi les 5 premiers avantages tant en termes d’attractivité que de rétention, et le 2ème à améliorer après les programmes de retraites complémentaires ;
  • L’équilibre vie privée / vie professionnelle : 81% des entreprises pensent que cela le favorise quand les salariés ne sont que 56% à s’exprimer dans ce sens, notamment du fait de l’effacement de la frontière entre le domicile et le lieu de travail, de l’élasticité des pages horaires allouées au travail et de l’hyper connexion.

Dans le contexte actuel (marché du travail tendu, politique RSE, inflation…), cela peut permettre aux entreprises d’accéder à des salariés éloignés ou qui souhaitent s’éloigner (de maitriser son empreinte carbone et évidement de réduire le coût des bureaux.

Mettre à profit le temps de trajet correspondant, réaliser des économies (essence…), accéder à des conditions d’habitation plus favorables ou adaptées, postuler à des postes non accessibles auparavant sont certains des avantages amenés par le télétravail aux salariés.

Avoir une politique de télétravail qui réponde aux besoins des salariés est primordiale, et efficace sur l’engagement et l’absentéisme. En effet, les salariés en télétravail se déclarent :

  • Plus engagés (43% sont très engagés versus 35% quand l’employeur n’y répond pas, 24% sont désengagés versus 30%) ;
  • Moins susceptibles d’être absents (16 jours versus 24 jours, y compris présentéisme) ;
  • Moins épuisés par le travail (31% versus 41%) ;
  • Plus épanouis (30% versus 18% se sentent bien selon les axes WTW du bien-être[1], 8% versus 22% sont à risques) ;
  • Moins ouverts à un changement d’emploi (22% versus 33%).

… et à améliorer

Malgré tout, les premiers enseignements sont variés et certaines problématiques émergent, voire de nouvelles demandes telles que la semaine de 4 jours ou le mi-temps annualisé. Elles doivent être considérées par les entreprises au risque de perdre certains salariés :

  • L’isolement au travail et la cohésion d’équipe : 51% des salariés se sentent plus déconnectés de leurs collègues – en particulier les managers. Travailler sur la cohésion des équipes est une priorité pour 82% des employeurs (jour de présence obligatoire, séminaire et activité collective) ;
  • La formation des managers : priorité pour 84% des employeurs avec un accent sur le management à distance et les risques psychosociaux ;
  • La santé mentale : enjeu majeur de 79% des employeurs pour prévenir les risques psychosociaux avec la mise à disposition d’une cellule psy ;
  • L’évolution de carrière : 35% des salariés y voit un frein pour l’évolution de leur carrière – spécialement chez les salariés de la génération Y et les minorités ethniques ;
  • L’adaptation des packages de rémunération et l’accès aux services RH à disposition : axe important de travail pour 51% des employeurs via la mise en place d’une plateforme « RH, bien-être & avantages sociaux » pour les salariés valorisant la stratégie et la politique RH de l’entreprise et améliorant l’expérience salarié.

 

Noémie Marciano
Directrice Offre de Conseil Health & Benefits France

Jean-Baptiste Kullmann
Responsable Offre & Solution